LE PETIT REVISIONNISTE

La taupe révisionniste vous salue bien bas depuis les galeries du cyberespace underground! Acharnée dans sa quête d'exactitude, elle secoue les avalanches de propagande sur les responsables de guerre et l'histoire des camps et des tranchées des guerres de 1914-1918 et 1939-1945. Pour empêcher de nouvelles guerres absurdes, débusquons les mensonges de ceux qui campent sur nos libertés (NB: pour naviguer en arrière, cliquer sur le dernier message à droite)

15 Juni 2006

Liberté pour l'histoire

AAARGH REPRINTS
31 décembre 2005
FRANÇAIS, ENCORE UN EFFORT SI VOUS VOULEZ
DEVENIR RÉPUBLICAINS !
ABROGEZ LES LOIS LIBERTICIDES !
EN COMMENÇANT PAR LA LOI PLEVEN (de 1972)
QUI A SAPÉ LA LIBERTÉ D'EXPRESSION
ET OUVERT LA VOIE AUX AUTRES TRANSGRESSIONS

Liberté pour l'histoire
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ANNEXE 1
[Note de l'AAARGH: le texte suivant, portant arrêt de mort de la recherche
historique, a été rédigé par Poliakov et Vidal-Naquet en février 1979 et publié dans
le Monde, qui n'en rate pas une, le 21 février 1979. Seuls trente-quatre historiens
acceptèrent de le signer, ce qui prouve la bonne santé de la corporation. Depuis,
Vidal-Naquet s'est publiquement repenti de sa rédaction: "Nous avions assurément
tort, au moins dans la forme, même si le fond de notre interrogation était juste"
(L'Histoire, juin 1992)]

La politique hitlérienne d'extermination:
une déclaration des historiens français
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est arrivé à maintes reprises que des publicistes,
prenant parfois le titre d'historiens, aient mis en cause la véracité des témoignages sur la politique
hitlérienne d'extermination. Ces témoignages avaient, en 1945, une évidence aveuglante. La grande
majorité des déportés sont aujourd'hui morts. Il nous reste leurs textes et les archives du IIIe Reich,
mais cette documentation n'empêche pas toujours des réflexes qui ne sont"critiques" qu'en apparence.
Pour soutenir que le Zyklon B n'exterminait que les poux, il faut en réalité admettre en son for
intérieur que les Juifs, les Tziganes, au besoin les Slaves ou les hommes épuisés par leur travail
n'étaient précisément que des poux.
Cela dit, il est naturel que la génération qui n'a pas reçu le choc de 1945 se pose aujourd'hui des
questions. C'est à son usage, et non en réponse à qui que ce soit, que nous publions la présente
déclaration. Nous le faisons en notre qualité d'historiens, qui ne nous donne aucun droit mais
seulement un devoir, celui d'être, à travers les écoles de pensée auxquelles nous appartenons, les
serviteurs de l'humble vérité, une seule mission, celle dont parlait déjà le "père de l'Histoire" :
"Empêcher que ce qu'ont fait les hommes, avec le temps, ne s'efface de la mémoire".
"Des animaux humains"
1. On évalue généralement à 6 millions le nombre de Juifs, à 200.000 le nombre de Tziganes, à 100.000
le nombre d'Allemands considérés comme héréditairement tarés, exterminés au cours de la guerre. Il
faut y ajouter plusieurs millions de Polonais, de Russes et d'autres Slaves dont le nombre devait être
artificiellement réduit, par la faim, la limitation des naissances ou l'extermination, en fonction des
besoins de l'État SS, de son espace vital, et de son mépris pour les "sous-hommes", pour ceux que
Himmler appelait les "animaux humains".
A ces exterminations collectives s'ajoute l'assassinat individuel, par les méthodes les plus variées - y
compris l'empoisonnement par gaz - de très nombreux déportés : Allemands anti-nazis, résistants des
pays de l'Europe de l'Ouest - et singulièrement Français -, voire prisonniers de droit commun.
Certains de ces assassinats relevaient d'une décision politique, d'autres achevaient des corps
désormais incapables de travailler pour la machine de guerre nazie.
2. La matérialité des faits est établie à la fois par le témoignage de milliers de déportés, par les
documents administratifs émanant des archives du HIe Reich et qui demeurent significatifs, même
lorsqu'ils sont rédigés dans ce que Eichmann appelait l'"Amtsprache" (langage administratif), par les
aveux circonstanciés des bourreaux enfin.
3. Cette politique a connu plusieurs étapes. Dès le 1er septembre 1939, Hitler donnait l'ordre de
supprimer les malades mentaux allemands qualifiés de bouches inutiles. Six centres d'extermination
comprenant des chambres à gaz furent installés en Allemagne (Brandeburg, Grafeneck, Bernburg,
Sonnenstein, Hartheim, Hadamar). Devant les protestations publiques du clergé allemand, Hitler.fut
cependant contraint en août 1941, de suspendre ce "programme d'euthanasie".
En prévision de l'attaque contre l'Union soviétique, Hitler ordonnait l'extermination, dans les
territoires à conquérir, des ennemis raciaux : les Juifs, des adversaires idéologiques les "commissaires"
communistes, des éléments "asociaux" les Tziganes. Cette extermination fui d'abord essentiellement le
fiait des détachements spéciaux, les "Einsatzgruppen". Ils ont tué, principalement par fusillade, mais
aussi à l'aide de camions comportant un dispositif permettant de gazer les occupants, un nombre
difficile à évaluer d'êtres humains, peut-être deux millions. Ces méthodes entraînaient des difficultés
Liberté pour l'histoire
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psychologiques pour les autorités militaires et civiles, et ne furent pas appliquées en dehors du
territoire soviétique, lieu par excellence de la guerre idéologique. Partout ailleurs, l'extermination fut
pratiquée grâce à la création d'installations spéciales, principalement sur le territoire polonais. Au
cours des premiers mois de 1942, cinq camps d'extermination, en dehors d'Auschwitz qui leur est
antérieur et qui se trouvait alors sur le territoire du Reich, furent créés avec toutes les installations
nécessaires, et notamment les chambres à gaz, Chelmno1,# Belzec, Sobibor, Treblinka et Maidanek.
Une mise en scène adéquate (camouflage des bâtiments en gare ordinaire, à l'aide d'affiches et
d'inscriptions correspondantes) était destinée à donner le change aux victimes, pour prévenir les
rébellions désespérées de dernière heure. Parmi tant et tant de témoignages, qui ne peuvent
évidemment émaner de ceux qui ont été tués, faut-il rappeler celui du SS Gerstein qui tenta en vain
d'alerter, dès 1942, les autorités civiles et religieuses sur ce qui se passait dans ces camps? Écrit par luimême,
le 26 avril 1945, pour les autorités françaises, dans un français hésitant, son récit, indiscutable
sur l'essentiel, de ce qu'il a vu à Belzec, n'en est que plus saisissant :
"Moi-même avec le Hauptmann Wirth, police, nous nous trouvons avant les chambres de
la mort. Totalement nus, les hommes, les femmes, les jeunes filles, les enfants, les bébés, les à
une seule jambe, tous nus, passent. Au coin, un SS fort qui, à haute voix pastorale, dit aux
pauvres : "Il vous n'arrivera rien que vivement respirer, cela fait forts les poumons, cette
inhalation, c'est nécessaire contre les maladies contagieuses, c'est une belle désinfection!"
Demandé quel serait leur sort, il leur dit:
"Vraiment, les hommes doivent travailler, bâtir des rues et des maisons. Mais les femmes
ne sont pas obligées. Seulement si elles veulent, elles peuvent aider au ménage ou dans la
cuisine." Pour quelques de ces pauvres gens, petit espoir encore une fois, assez pour les faire
marcher sans résistance aux chambres de la mort, la majorité sait tout, l'odeur leur indique le
sort! Alors ils montent le petit escalier et, voyant la vérité! Mères, nourrices, les bébés à la
poitrine, nues, beaucoup d'enfants de tout âge, nus ils hésitent, mais ils entrent dans les
chambres de la mort, la plupart sans mot dire, pressés des autres derrière eux, agités par les
cravaches des SS. Une Juive, quarante ans environ, les yeux comme des flambeaux, cite le sang
de leurs enfants sur leurs meurtriers. Recevant cinq coups de cravache au visage de la part de
Hauptmann de police Wirth lui-même, elle disparaît dans la chambre à gaz. Beaucoup font
leurs prières, d'autres disent : "Qui est-ce qui nous donne de l'eau pour la mort?" (rite
israélitique?). Dans les chambres, la SS presse les hommes. <4 Bien remplir", le Hauptmann
Wirth a ordonné. Les hommes nus sont debout aux pieds des autres. Sept cents à huit cents à 25
ml, à 45 M3. Les portes se ferment."
Auschwitz
Exposant le 20 janvier 1942, devant une quinzaine de hauts fonctionnaires, ce qu'on appelait
désormais "la solution finale du problème juif", le ministre de la Police, Reinhard Heydrich, se
contentait de dire qu'une grande partie des Juifs déportés "s'éliminera tout naturellement en raison de
son état de déficience physique. Le résidu qui subsisterait en fin de compte - et qu'il faut considérer
comme la partie la plus résistante - devra être traité en conséquence". Il s'agissait là d'un double
euphémisme: "traiter en conséquence" signifiait en réalité "gazer", et les éléments les moins résistants,
les femmes, les enfants, les vieillards, furent traités en conséquence dès leur arrivée sur les lieux
d'extermination.
C'est à Auschwitz que le plan nazi d'extermination fut porté à la perfection. Créé en été 1940,
d'abord à l'intention des prisonniers politiques ou criminels polonais ou allemands, ce camp, ce
complexe gigantesque plutôt, couvrant quelques dizaines de kilomètres carrés, devint tout à la fois un
lieu d'extermination immédiate et un camp de travail aux conditions de travail spécialement
inhumaines. L'espérance moyenne de vie des détenus était de six mois. C'est en juin 1941 qu'Himmler
chargera Rudolf Hoess, commandant d'Auschwitz, d'y établir un camp d'extermination. Après des
expériences préalables effectuées sur des prisonniers soviétiques, Hoess opta pour le gaz "Zyklon B",
un produit insecticide dont se servait couramment l'armée allemande.
A partir du printemps 1942, les convois de juifs de toutes nationalités, y compris les convois
provenant de France, affluèrent à Auschwitz.
Dans chaque convoi, environ les trois quarts des déportés : les enfants, les vieillards, la majorité
des femmes, prenaient aussitôt le chemin des chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau. Leurs cadavres
étaient incinérés dans de vastes crématoires attenant aux installations d'asphyxie. C'est également à
Auschwitz que furent exterminés, pendant l'été 1944, les Tziganes de nationalité allemande. C'est
enfin encore à Auschwitz que furent pratiquées de nombreuses "expériences médicales" comportant la
dissection in vivo d'êtres humains.
Ces pratiques se poursuivirent jusqu'au mois de novembre 1944. Sur l'ordre d'Himmler, les
installations meurtrières, chambres à gaz, fours crématoires, furent alors détruites, comme avaient été
Liberté pour l'histoire
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détruits, un an auparavant, les équipements analogues des camps polonais - à la seule exception de
Maïdanek.
Le camp d'Auschwitz fut évacué devant l'avance soviétique au tout début de 1945. R. Hoess
estimait le nombre des victimes à deux millions et demi de gazés, à un demi-million de morts dans le
camp proprement dit; ces chiffres sont certainement exagérés, mais il n'est pas possible d'en donner de
sûrs: les SS ne comptabilisaient pas ceux qui étaient immédiatement conduits à la chambre à gaz.
Les témoignages
4. Un témoignage, un document, peuvent toujours être suspectés. La critique des textes est une des
règles fondamentales de notre profession. Il n'est pourtant pas possible de suspecter un ensemble
gigantesque de témoignages concordants, émanant de personnes de toutes les professions, de tous les
niveaux d'instruction, témoignages qui, pour nombre d'entre eux, ont été produits en justice au cours
de procès, où l'on a vu les magistrats, y compris les magistrats allemands, se faire de plus en plus
exigeants quant à la qualité de la preuve, au fur et à mesure que l'impression d'horreur immédiate qui
avait marqué la fin de la guerre s'éloignait. Faut-il préciser qu'ont témoigné tous ceux qui ont
participé, à quelque niveau que ce soit, au processus d'extermination, depuis les membres du
"Sonderkommando", chargés de conduire les victimes à la chambre à gaz et de dépouiller les cadavres,
jusqu'au commandant d'Auschwitz en personne?
5. Un dernier mot pour finir. Chacun est libre d'interpréter un phénomène comme le génocide
hitlérien selon la philosophie qui est la sienne. Chacun est libre de le confronter ou de ne pas le
confronter avec d'autres entreprises de meurtres, antérieures, contemporaines, postérieures. Chacun
est libre de se référer à tel ou tel type d'explication; chacun est libre, à la limite, d'imaginer ou de rêver
que ces faits monstrueux n'ont pas eu lieu. Ils ont malheureusement eu lieu et personne ne peut en
nier l'existence sans outrager la vérité. Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel
meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu. Tel est le point de
départ obligé de toute enquête historique sur ce sujet. Cette vérité, il nous appartenait de la rappeler
simplement : il n'y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l'existence des chambres à gaz.
Ce texte a été signé par les historiens dont les noms suivent et qui travaillent ou enseignent au
Collège de France, au C.N.R.S., dans les universités de Paris et de province, à l'École des hautes études
en sciences sociales, à l'École pratique des hautes études :
Philippe Ariès, Alain Besançon, Robert Bonnaud, Fernand Braudel, Pierre Chaunu, Monique Clavel-
Levêque, Marc Ferro, François Furet, Yvon Garlan, Jacques Julliard, Ernest Labrousse, Jacques Le
Goff, Emmanuel Le Roy Ladurie, Pierre Levêque, Nicole Loraux, Robert Mandrou, Claude Mossé,
Roland Mousnier, Jacques Néré, Claude Nicolet, Valentin Nikiprowetzky, Evelyne Patlagean,
Michelle Perrot, Léon Poliakov, Madeleine Rebérioux, Maxime Rodinson, Jean Rougé, Lilly Scherr,
Pierre Sorlin, Lucette Valensi, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet, Édouard Will.
Note:
1. A Chelmno, camp créé en décembre 1941, il ne s'agit pas encore de chambres à gaz fixes, mais d'un garage
abritant des "camions à gaz" semblables à ceux qui étaient utilisés en Russie par les Einsatzgruppen.
Commentaires de l'AAARGH (vers 1999)
Déclaration des trente-quatre historiens:
1. Première étape: le 21 février 1979, le journal Le Monde publia une "déclaration d'historiens sur la
politique hitlérienne d'extermination". La rédaction de ce texte est due à Léon Poliakov et Pierre Vidal-
Naquet qui obtinrent la signature de trente-deux "historiens" seulement, sur plusieurs centaines que
compte la France. Voici les noms des signataires: Philippe Ariès (histoire ancienne), Alain Besançon
(histoire contemporaine), Robert Bonnaud, Fernand Braudel (histoire moderne), Pierre Chaunu
(histoire moderne), Monique Clavel-Levêque, Marc Ferro (histoire contemporaine), François Furet
(histoire contemporaine), Yvon Garlan, Jacques Julliard (histoire contemporaine), Ernest Labrousse
(histoire contemporaine), Jacques Le Goff (histoire médiévale), Emmanuel Le Roy Ladurie (histoire
moderne), Pierre Levêque (histoire ancienne), Nicole Loraux (histoire ancienne), Robert Mandrou
(histoire moderne), Claude Mossé (histoire ancienne), Roland Mousnier (histoire moderne), Jacques
Néré (histoire contemporaine), Claude Nicolet (histoire ancienne), Valentin Nikiprowetzky (histoire
ancienne), Evelyne Patlagean (histoire byzantine), Michelle Perrot (histoire contemporaine), Léon
Poliakov, Madeleine Rebérioux (histoire contemporaine), Maxime Rodinson (histoire de l'islam), Jean
Rougé, Lilly Scherr (histoire contemporaine), Pierre Sorlin (histoire contemporaine), Lucette Valensi,
Jean-Pierre Vernant (histoire ancienne), Paul Veyne (histoire ancienne), Pierre Vidal-Naquet (histoire
Liberté pour l'histoire
ancienne), Edouard Will (histoire ancienne)). Le texte s'achève par l'inoubliable morceau: "Il ne faut
pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible
techniquement puisqu'il a eu lieu.[...] Il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de débat sur l'existence des
chambres à gaz". On note l'absence d'historiens prestigieux de l'époque contemporaine, R. Rémond en
tête, dont les positions sur le révisionnisme étaient très ambiguës à l'époque où il acceptait d'en parler.
Il déclare avoir refusé de signer la déclaration des trente-quatre historiens. Voir une analyse de cette
déclaration signée surtout par des spécialistes de la Grèce ancienne et médiévale dans La Guerre sociale.
Cette affirmation, dont on se demande bien pourquoi elle n'est pas devenu le bréviaire de toutes les
brigades criminelles du monde, en même temps que celui des historiens, s'appuyait surtout sur les
élucubrations de Gerstein, qui assure "sous serment" qu'il y avait déjà plus de dix millions de mort" en
août 1942 et qu'il a vu de ses yeux huit cents personnes entassées dans une chambre à gaz de vingtcinq
mètres carrés. Certains lecteurs s'étant émus de l'invraisemblance du propos, Poliakov et son
compère Vidal-Naquet furent obligés de reconnaître, le 8 mars 1979, qu'ils tiennent le texte pour
"indiscutable sur l'essentiel" donc discutable pour tout le reste (le départ n'est pas fait entre "l'essentiel
et le reste"). Hilberg a par la suite reconnu que Gerstein n'était pas une source fiable. Voir les
précisions dans la thèse de Roques sur Gerstein.
2. Deuxième étape: dix ans plus tard, Vidal-Naquet désavoue la déclaration: "Nous avions assurément
tort, au moins dans la forme, même si le fond de notre interrogation était juste" (L'Histoire, juin 1992).
On aimerait savoir quelle était cette "interrogation" dont "le fond était juste". On ne lit ici qu'une
affirmation: "[le meurtre de masse] a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu." On imagine fort
bien un système où l'individu Vidal-Naquet, qui a mené la campagne qui a amené à l'ostracisme
complet de R. Faurisson, sans parler de ses innombrables condamnations et de la ruine à laquelle l'ont
acculé les organisations juives, serait tout simplement mis au pilori. Cela s'appellerait la
responsabilité.
http://litek.ws/aaargh/fran/dicbio1
ordre alphabétique.


Liberté pour l'histoire
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ANNEXE 3
ABOLIR LA LOI GAYSSOT
par Serge Thion*
(1996)
On permettra peut-être à un révisionniste de dire quelques mots après l'avalanche de commentaires qui a
suivi l'éclosion de l'affaire Garaudy et celle de l'abbé Pierre.
Je n'entrerai pas dans la discussion du contenu du livre puisqu'elle est interdite par la loi. Mais je ferai
l'observation suivante : aucun publicitaire n'aurait pu rêver d'un tel lancement pour un livre traitant d'un sujet si
difficile. La totalité de la presse a cru de son devoir de faire savoir partout qu'il existait des opinions dissidentes
sur certains problèmes d'histoire de la deuxième guerre mondiale, touchant en particulier le sort des juifs
déportés, et que ces opinions étaient interdites par la loi. Il n'en faut pas plus pour provoquer un immense accès
de curiosité. C'est maintenant par centaines de milliers que des gens cherchent partout, en France et maintenant à
l'étranger, à se procurer le livre en question. Garaudy est beaucoup plus demandé que le Goncourt, grâce aux
bons offices des ligues de vertu.
Ces ligues avaient, il y a 15 ans, poursuivi le professeur Faurisson. Ces grands procès allaient surtout
montrer que les adversaires du révisionnisme n'avaient nulle part trouvé d'arguments ou de documents décisifs.
J'ai pu dire, dans ces colonnes, ce que ces procès avaient d'inquiétant (Le Monde, 16 juillet 1981). On a ensuite
inventé une caricature, baptisée « négationnisme » qui n'existait que dans l'esprit de ses promoteurs. Mais le plus
grave était à venir. En 1990, à la suite d'un marchandage qui devait assurer un sursis à l'équipe Rocard, les
socialistes acceptaient de voter une loi donnant la possibilité d'exclure Le Pen et son parti de la vie publique.
Cette faute politique n'a d'ailleurs pas été commise et la loi présentée par le député communiste Gayssot n'a pas
été appliquée. On n'exclut pas 15 % des électeurs par une argutie judiciaire ! Mais les avocats qui avaient si
piteusement échoué dans leur tentatives de destruction du professeur Faurisson ont utilisé leurs amitiés
socialistes pour inclure dans la loi Gayssot un dispositif anti-révisionniste. Le danger avait pourtant été dénoncé
par nombre de bons esprits, en particulier chez les historiens. Puis ils s'en accommodèrent assez facilement. En
France, on accepte bien la répression des idées d'autrui.
Mais les effets pervers n'allaient pas manquer de se faire sentir. Les tribunaux allaient appliquer la loi
avec sévérité, en infligeant des amendes énormes. Les Arméniens, qui souhaitaient se voir étendre le bénéfice de
cette loi, allaient apprendre à leurs dépens qu'elle ne protégeait strictement que les victimes juives. La loi créait
donc une zone d'interdit, un espace de réflexion frappé de tabou où le révisionnisme pouvait apparaître comme
une énorme vérité refoulée par la fragile vérité officielle, garantie par la seule force de la loi. Il n'est guère d'État,
me semble-t-il, où l'opinion publique ne tienne peu ou prou en suspicion les vérités officielles du moment.
Ceux que chagrinent l'incroyable succès du livre de Garaudy et le poids de charisme des déclarations
passées et futures de l'abbé Pierre redoutent à juste titre de voir ces succès s'amplifier de plus en plus, et de
nouvelles affaires surgir en chaîne. Ils ont pourtant une solution très simple : abolir la loi Gayssot. Elle n'aurait
sans doute pas survécu à un passage devant le Conseil constitutionnel. L'actuelle majorité avait voté contre.
L'actuel Garde des Sceaux en avait demandé l'abolition au Parlement. L'actuelle démocratie se débarbouillerait
d'une tache qu'elle a au visage. Les révisionnistes, qui appartiennent, permettez-moi de le rappeler, à toutes les
obédiences politiques, retourneraient à leurs études. La recherche historique, qui a encore tant à faire,
retrouverait sa sérénité. Et les victimes de ces événements terribles seraient honorées sans arrière-pensée.
Ici même, M. Vidal-Naquet, pourfendeur attitré des révisionnistes, a dit que : « L'expérience soviétique a
montré où menaient les vérités d'État. » (Le Monde, 4 mai 1996). Et Mme Rebérioux, historienne et membre de
Liberté pour l'histoire
diverses cellules de lutte contre le révisionnisme, en particulier à la Ligue des Droits de l'Homme, peint le
tableau suivant : « Imagine-t-on le doute rampant qui va s'emparer d'esprits hésitants ? « On nous cache quelque
chose, on ne nous dit pas tout, le débat est interdit… » Imagine-t-on les réactions de tels adolescents à qui les
enseignants tentent d'inculquer un peu d'esprit critique ? Imagine-t-on le parti que peuvent en tirer les antisémites
larvés, qui n'ont pas disparu ? » (Le Monde, 21 mai 1996.) Pourquoi parler au futur ? La loi Gayssot date de
1990. Pour Mme Rebérioux, elle favoriserait les menées de l'antisémitisme. Elle a raison et la grande majorité
des historiens l'approuverait.
Les révisionnistes, eux aussi, demandent cette abolition. Pourtant, la loi Gayssot leur assure la palme du
martyre, le mol oreiller d'un succès facile puisqu'il n'y a pas de contradicteur, toute discussion au fond étant
interdite par la loi, les gros tirages assurés par les campagnes de la LICRA et des ligues de vertu. La loi Gayssot
leur garantit une sorte de supériorité sur les historiens « officiels » qui ne sont pourtant pas tous mauvais. Mais
ils sont prêts à renoncer à tous ces privilèges pour la simple liberté de recherche, garantie par diverses
déclarations des droits de l'homme, dévoyées par une loi imprudente qui confie aux juges l'absurde
responsabilité de dire l'histoire.
J'appelle à l'abolition de la loi Gayssot
23 mai 1996

*Serge Thion est l'auteur du premier ouvrage paru sur l'affaire Faurisson, Vérité historique ou vérité politique ?
(La Vieille Taupe).
Ce texte a été envoyé au journal Le Monde, qui ne l'a pas publié. L'existence de cet article non
publié dans la presse mais visible sur Internet a permis au tribunal administratif de dire que
Serge Thion méritait bien d'avoir été mis à la porte du CNRS puisqu'il demandait l'abrogation
d'une loi qui, maladroitement paraphrasée par la directrice du CNRS, avait "justifié" son
exclusion...
radioislam
http://abbc2.com/islam/french/actual/abol.htm